Nord Eclair / Paszkowski disculpe clairement DSK !..

Nord Eclair 20/12/11  DIDIER SPECQ

Toute la journée d’hier, Fabrice Paszkowski, un entrepreneur lensois spécialisé dans le matériel médical, a été interrogé par les juges d’instruction lillois Stéphanie Ausbart et Ida Chafaï. Ce petit patron, proche de DSK via son club « En Avant l’Europe ! », l’est probablement aussi en ce qui concerne les rencontres libertines. Pour les juges, la question est simple : DSK savait-il que des prostituées figuraient parmi les invitées ? Car s’il savait, on peut l’inquiéter pour proxénétisme. Mais devant les juges, Fabrice Paszkowski a répété que DSK a toujours ignoré ce détail important.

« Peu intéressé » par les soirées
David Roquet, le patron d’une filiale d’Eiffage, incarcéré à la prison d’Arras, a répété la même chose la semaine dernière. La différence entre ces deux amis de DSK est, selon Paszkowski, la suivante : Roquet fréquentait pour son compte des prostituées, pas lui. Paszkowski, défendu par M e Karl Vandamme, assure qu’il était peu intéressé par ce genre de soirées et qu’il n’avait pas besoin de faire appel à une « escort girl » pour être accompagné.
Quant à certains frais, réglés par Eiffage ou par l’entreprise de matériel médical, DSK ne pourrait être accusé de recel d’abus de biens sociaux, car, selon Paszkowski, il n’était pas au courant. L’entrepreneur lensois, qui reste incarcéré à Longuenesse, sera interrogé à nouveau en janvier.w

(communiqué) Un DSK sobre et compétent au service du retour de la croissance

Réaction a la conférence NetEase de DSK a Pékin le 19/12/11

Le discours, particulièrement incisif de Dominique Strauss-Kahn a Pékin marque son retour très attendu sur la scène internationale alors que la crise européenne pèse sur la croissance mondiale. DSK a été totalement disculpé des accusations a son encontre et il était temps qu’il puisse revenir aux affaires publiques compte tenu de l’expérience et de l’autorité qu’il a sur la scène économique et politique mondiale. DSK a démontré, après les propositions qu’il avait faites sur la dette grecque qui ont été adoptés par l’UE après un mois de crise, qu’il avait un diagnostic sévère mais juste sur les causes de la crise européenne et qu’il pouvait, sans aucun conteste, contribuer a sortir la zone euro des turbulences actuelles dues principalement a des errements politiques !…

Pour Antonio Duarte, Président du Club DSK « Nous avons vu ce matin un nouveau DSK, sobre et compétent qui se remet au service du Bien commun. Son analyse est juste et sévère pour nos dirigeants actuels et son diagnostic mérite d’être écouté pour sortir la zone euro des crises systémiques qui plongent le monde entier dans l’expectative. Sa parole fait autorité auprès des marchés qui attendent des réponses claires et fermes de l’Europe pour une sortie de crise. Nous ne doutons pas que dans quelques mois il reprendra toute sa place pour réformer la gouvernance économique de la zone euro et recréer les conditions de la confiance pour recréer de l’emploi et de la croissance plutôt que de la récession et  le chaos !…. »

Le Monde / DSK, pessimiste sur l’eurozone, fait à Pékin son retour à la vie publique

LEMONDE.FR avec AFP | 19.12.11 | 09h04   •

http://youtu.be/L-WG7NfDAi0

L’ex-chef du FMI, Dominique Strauss-Kahn a effectué, lundi 19 décembre à Pékin, son retour à la vie publique dans un forum économique au cours duquel il a comparé la zone euro à un “radeau sur le point de sombrer”, en refusant de commenter ses propres déboires. Après plus de sept mois de turbulences personnelles, DSK a choisi une conférence économique dans la capitale chinoise pour retrouver son statut de spécialiste en macro-économie, fort de son expérience à la tête du FMI.

Aux journalistes étrangers qui lui posaient des questions plus personnelles, sur son actualité judiciaire, sur son état d’esprit ou sur son choix de la Chine pour revenirsur le devant de la scène, il a systématiquement opposé la même réponse :“aucun commentaire.”

Sur un ton docte d’expert au-dessus de la mêlée, il a distribué bons et mauvais points. “Nous voyons les pays européens passer d’un plan (de sauvetage) à un autre, d’un sommet de la dernière chance à un autre, toujours sans admettre les pertes, toujours sans permettre une reprise de la croissance et toujours en échouant à restaurer la confiance”, a déclaré M. Strauss-Kahn.

UN EURO “TRÈS TRÈS VULNÉRABLE”

Invité par le groupe NetEase, l’un des géants de l’Internet en Chine, DSK a prononcé un discours en anglais de quarante-cinq minutes, dans lequel il a été très critique envers les mesures de sauvetage prises à Bruxelles. Il s’est montré, par ailleurs, plutôt tendre avec ses hôtes chinois. Il a ensuite répondu à des interrogations d’internautes transmises par le biais d’un animateur du forum.

“Avec la récente tempête, le radeau semble ne plus être assez résistant, a-t-il affirmé en parlant de l’eurozone. Le fait que l’euro soit encore au milieu de la rivière et que l’union budgétaire ne soit pas réalisée le rend très très vulnérable, et le radeau semble sur le point de sombrer. (…) Je ne suis pas persuadé que (le président français) M. Sarkozy et (la chancelière allemande) Mme Merkel se comprennent bien entre eux et c’est probablement une des raisons pour lesquelles le système européen a des problèmes pour avancer”, a-t-il affirmé.

Il a estimé, en revanche, que le gouvernement chinois avait “particulièrement bien tiré son épingle du jeu” lors de la crise de 2008-2009.

Le Lab / Dominique Strauss-Kahn invité d’un forum économique en Chine

Le Lab Europe 1 / 16/12/11

Il ne sera pas président mais pourrait devenir conférencier de luxe. A plus de 8 000 km de Paris et plus de 10 000 du Sofitel de New-York, Dominique Strauss-Kahn prononcera lundi un discours à Pékin. Un colloque d’économistes chinois l’attend pour une analyse de la crise de la dette dans le monde.

Alerté par un tweet d’un journaliste de Paris Match, Le Lab s’est immergé dans les mystères du web chinois et a fini par trouver la page officielle annonçant la présence du directeur déchu du FMI.

Le Parisien / (Club DSK) DSK : les autorités françaises nient tout contact avec le procureur de New York

Le Parisien et AFP  09/12/11

Les autorités françaises ont démenti vendredi des informations de «Libération» selon lesquellesdeux fonctionnaires des ministères de la Justice et des Affaires étrangères sont intervenus, depuis Paris, auprès du procureur de New York au lendemain de l’arrestation de DSK.

«Seuls le consul général et son adjoint à New York ont eu des contacts avec les autorités new-yorkaises, en l’occurrence exclusivement la police et la prison de l’Etat» dans le cadre de la protection consulaire, a déclaré le porte-parole du Quai d’Orsay, Bernard Valero. «A aucun moment, le ministère n’a appelé le bureau du procureur», a-t-il ajouté.

«Des allégations dénuées de la moindre vraisemblance»

«La Chancellerie oppose le démenti le plus catégorique aux allégations dénuées de tout fondement et d’ailleurs de la moindre vraisemblance, selon lesquelles un fonctionnaire en poste au ministère de la Justice serait entré en contact le 15 mai 2011 avec le bureau du procureur de New York pour lui transmettre des informations», a déclaré Bruno Badré, son porte-parole.

Selon «Libération», les avocats de Dominique Strauss-Kahn avaient négocié le 15 mai, au lendemain de son arrestation, sa libération sous caution avec le procureur Cyrus Vance Jr. Le journal indique que ses informations sont «recoupées auprès de plusieurs sources». L’accord de remise en liberté sous caution a été annulé par le bureau du procureur quelques heures plus tard, selon «Libération» qui établit un lien entre ce revirement et deux coups de téléphone passés par des fonctionnaires basés à Paris aux enquêteurs américains.

Le journal affirme que plusieurs sources lui ont indiqué que deux coups de téléphone «français» avaient été passés dans l’après-midi du 15 mai à John «Artie» McConnell, l’un des adjoints du procureur. «Libération» écrit au conditionnel que les fonctionnaires du Quai d’Orsay et du ministère de la Justice auraient transmis au procureur des éléments sur d’autres affaires dans lesquelles DSK pourrait être impliqué. Le journal cite l’affaire Tristane Banon et «une affaire de prostitution dans le nord de la France», faisant le rapprochement avec le dossier du Carlton de Lille.

De son côté, le club DSK, club politique créé en 2010, demande «au Garde des Sceaux d’apporter toute la lumière sur cette affaire». «Le cas échéant, nous demandons instamment que la Justice française ouvre une enquête sur cette intrusion politique dans la Justice Républicaine ! Les conséquences sur le cours de la Justice ayant été lourdes, l’on peut supposer que les conséquences d’une implication du pouvoir en place le serait d’autant plus si elle était avérée…»

Le Monde / L’Elysée veut éviter de relancer la “machine à complot” sur DSK

Le Monde 10/12/11

L’Elysée et la droite le redoutent depuis six mois : voir l’“affaire” Strauss-Kahn, qui aurait dû affaiblir la gauche, se retourner contre eux en faisant planer le soupçon d’un complot contre l’ex-candidat à l’élection présidentielle. De rumeurs en articles, de théories en hypothèses, jamais le pouvoir n’est en effet parvenu à éloigner le doute sur une éventuelle intervention dans cette affaire, l’obligeant par deux fois, cette semaine, à sortir du silence qu’il s’était imposé.

En découvrant, vendredi, que Libération affirmait que deux fonctionnaires français, l’un du ministère des affaires étrangères, l’autre du ministère de la justice, auraient téléphoné dans l’“après-midi du 15 mai” à un adjoint du procureur américain Cyrus Vance, John Mc Connell, chargé de l’affaire du Sofitel, afin de lui transmettre “des éléments (…) sur l’affaire Tristane Banon mais également sur une éventuelle implication de DSK dans une affaire de prostitution dans le nord de la France”, le gouvernement a pris les choses assez au sérieux pour que le Quai d’Orsay et la Chancellerie réagissent.

“Seuls le consul général et son adjoint à New York ont eu des contacts avec les autorités new-yorkaises, en l’occurrence exclusivement la police et la prison de l’Etat”, a affirmé le porte-parole du Quai d’Orsay, Bernard Valero. “A aucun moment le ministère n’a appelé le bureau du procureur.” Le ministère de la justice a aussi opposé “le démenti le plus catégorique aux allégations dénuées de tout fondement et d’ailleurs de la moindre vraisemblance” de Libération, qui fait le lien entre ces interventions et l’incarcération de DSK. Samedi, le quotidien maintenait ses informations, arguant que les services du procureur de New York n’ont “nullement nié l’intervention de Paris”.

“GUÉANT EN A EU MARRE”

Dimanche 4 décembre, agacé des attaques du journaliste américain Edward Epstein et du biographe de DSK, Michel Taubmann, notamment contre l’UMP, Claude Guéant avait déjà rompu le silence – relançant du coup, malgré lui, la machine à complot. “Oui”a expliqué le ministre de l’intérieur au Journal du dimanche, il avait “entendu parler de cette histoire au cours de laquelle M. Strauss-Kahn avait été contrôlé au bois de Boulogne par des fonctionnaires (…) lors d’un contrôle de routine”.

“J’ai hésité, mais trop, c’était trop”, s’est-il justifié il y a quelques jours à un proche :voir l’UMP accusée d’espionner téléphones ou mails du couple Strauss-Kahn, tandis que le ministre estime au contraire que le pouvoir a longtemps protégé DSK… “Guéant en a eu marre”, confirme un proche du chef de l’Etat. “Il a déstocké les munitions…”, sourit un autre.

Une erreur. La machine était repartie. “Guéant aurait dû s’abstenir, la gauche n’attendait que ça !”, soupire le député UMP Claude Goasguen. Effectivement. Sur son blog, le député strauss-kahnien Jean-Christophe Cambadélis, l’un des premiers, pourtant, à s’être tenu à l’écart de toute théorie complotiste, a aussitôt répliqué : “DSK n’est plus candidat à l’élection présidentielle. Il est à terre. Il doitfaire face à des attaques de tous côtés. Et le ministre de l’intérieur en rajoute. Plantant sa petite dague.” Puis d’interroger : “De quel secret DSK est-il dépositaire qui menacerait le pouvoir ?”

“DÉSORMAIS, C’EST SILENCE RADIO”

Du coup, la consigne de l’été – et de l’automne, après l’autre affaire, celle du Carlton de Lille – a été rappelée aux élus de la majorité : “Désormais, c’est silence radio, pour éviter tout risque d’instrumentalisation”, résume un député UMP.

Jamais, depuis le 14 mai, la droite n’est parvenue à se débarrasser du soupçon que sa main a plané sur les malheurs de DSK. En juin, après quelques semaines passées à entendre et à lire que Nicolas Sarkozy était “forcément” derrière la spectaculaire disqualification de son rival potentiel à de 2012, l’Elysée avait déjà demandé aux diplomates en poste aux Etats-Unis de retracer dans une note, minute par minute, toute l’“affaire du Sofitel”, depuis l’arrivée de patron du Fonds monétaire international (FMI) à l’hôtel jusqu’à sa retraite obligée dans une maison de TriBeCa, à Manhattan. Aucune interrogation, aucune incohérence ne devait seglisser dans les interstices de cette chronologie si sensible.

Raphaëlle Bacqué et Ariane Chemin

Le Monde / Carlton : DSK cité le 15 mai dans les

Le Monde 10/12/11

À quelle date le nom de Dominique Strauss-Kahn apparaît-il dans le dossier du Carlton ? A quel moment le ministère de l’intérieur apprend-il que l’ex-présidentiable socialiste est mêlé à cette affaire de proxénétisme hôtelier instruite depuis le 28 mars à Lille ? La haute hiérarchie policière est formelle : le 15 mai, au lendemain de l’arrestation de DSK à New York, au moment où le procureur s’interroge sur une remise en liberté sous caution du patron du Fonds monétaire international, à Paris, on ne sait rien de tout cela.

La hiérarchie de la police, traditionnellement avertie du contenu des dossiers sensibles – notamment ceux dans lesquels figure le nom d’un homme politique – assure n’être alertée que cinq mois plus tard, en octobre, “dans les jours qui précèdent les interpellations, et au moment des premières auditions”, précise l’un de ses responsables au Monde. “Je n’ai jamais entendu parler de cette affaire avant que tout cela ne sorte dans les journaux,abonde Bernard Squarcini, le patron de la Direction centrale du renseignement intérieur. D’ailleurs, mon service ne traite pas de ces affaires qui relèvent de la police judiciaire.”

Selon la connaissance actuelle que Le Monde a du dossier, le nom de DSK apparaît pour la première fois dans l’enquête le 15 mai, sur des écoutes téléphoniques. A l’époque le dossier du Carlton n’est encore qu’une banale affaire de proxénétisme hôtelier lancée en février, sur la base de renseignements venus de Belgique. Plusieurs personnes sont sur écoute.

“FAIS GAFFE À TOI”

Depuis le matin, “l’incident” du Sofitel inonde les ondes. A 16 h 33, Dodo la Saumure, un Français soupçonné de se livrer au proxénétisme en Belgique, appelle son ami René Kojfer, chargé des relations publiques du Carlton à Lille :“T’as vu, euh, Strauss-Kahn ?” René : “J’suis au courant, (…) j’ai vu l’commissaire (Jean-Christophe Lagarde) qui v’nait de l’quitter (…), parce que c’est son pote et y était à Washington avec lui.”

Les jours suivants, M. Kojfer n’en finit pas de commenter la nouvelle. Ainsi, le 24 mai, avec un ancien policier “fais gaffe à toi (…) le FBI (…) est sur ton dos parce que t’as ramené Strauss-Kahn chez Dodo, on m’a dit”. Le 8 juin, il propose même“un gros coup à faire” à son ami Denis Gumez, l’ex-chef de la brigade des moeurs à Lille : “Qu’est-ce que tu en penses, j’ai deux filles qui témoigneraient éventuellement contre Strauss-Kahn (…). Kenneth Thompson (l’avocat de Nafissatou Diallo), il cherche des (…) filles (…) qui auraient été un peu bousculées.”

La hiérarchie policière jure ne pas avoir eu connaissance de ces conversations à l’époque. “Ce jour-là, toute la France commente la nouvelle. Pourquoi prêter plus attention à ces échanges qu’à d’autres ?“, explique l’un d’eux. Dans le Journal du dimanche du 4 décembre, le ministre de l’intérieur, Claude Guéant, affirmait pour sa part avoir découvert l’existence du nom de Strauss-Kahn dans ce dossier“qu’après les vacances d’été”.

Emeline Cazi et Ariane Chemin

Le Monde / Une note policière sur la vie privée de DSK avait bien été rédigée fin 2006

Le Monde 05.12.11 par Gérard Davet et Fabrice Lhomme

Claude Guéant a finalement reconnu, dans un entretien accordé au Journal du dimanche du 4 décembre, que le pouvoir détenait depuis plusieurs années des informations sur la vie privée de Dominique Strauss-Kahn.

Interrogé sur le fait de savoir si l’ancien patron du Fonds monétaire international (FMI) avait été interpellé au mois de décembre 2006 dans le bois de Boulogne, un lieu fréquenté par les prostituées parisiennes, le ministre de l’intérieur a répondu :“Oui, j’ai entendu parler de cette histoire au cours de laquelle M. Strauss-Kahn avait été contrôlé au bois de Boulogne par les fonctionnaires en charge de la surveillance de cet endroit, lors d’un contrôle de routine. Mais, il n’y a aucune procédure à ce sujet. Il n’était pas tombé dans un guet-apens de la police! Il n’était pas suivi. Ce n’est quand même pas la faute de la police s’il était là-bas ce soir-là!”

M. Guéant confirme ainsi les informations contenues dans un article publié par Le Monde le 25mai dans lequel il était expliqué que l’Elysée, informé par la police de la vie intime des personnalités, n’hésitait pas à en faire état auprès de journalistes réputés “sûrs” afin de discréditer ses cibles.

Des proches du chef de l’Etat avaient ainsi tenté de faire fuiter, au début de cette année, le contenu d’une note visant DSK, avant d’y renoncer – provisoirement – du fait de son arrestation à New York. L’article évoquait ainsi “une note, rédigée peu avant la présidentielle de 2007, par un policier de la base, (…) signalant la présence de M. Strauss-Kahn, surpris en fâcheuse posture dans une voiture, à l’ouest de Paris, dans un haut lieu des rencontres tarifées”.

Selon plusieurs sources, cette note administrative fut ensuite passée à la broyeuse, mais son contenu divulgué à quelques journalistes lorsqu’il apparut que Dominique Strauss-Kahn serait le principal adversaire de Nicolas Sarkozy pour la présidentielle de 2012.

En mai 2011, ces informations avaient pourtant été vivement démenties par lepouvoir. Alain Gardère, à l’époque directeur adjoint du cabinet de Claude Guéant au ministère de l’intérieur, avait été jusqu’à nier l’existence de cette note dans une réponse au député socialiste Jean-Jacques Urvoas. Ce dernier l’avait interpellé par courrier après la parution de l’article du Monde.

“S’agissant de M. Strauss-Kahn, après recherches, il apparaît bien qu’aucun compte rendu administratif concernant sa vie privée n’existe, et a fortiori n’a circulé en provenance de la police”, avait répondu, le 8 juillet, l’ancien patron de la sécurité publique parisienne. “Je veux donc réfuter avec force les insinuations ou accusations calomnieuses d’œuvres de basse police qui discréditent sans fondement la police nationale”, avait assuré M. Gardère, nommé fin août préfet délégué à la sécurité à Marseille.

Le fait que M. Guéant ait finalement décidé d’exploiter le contenu de cette note relative à la vie privée de M. Strauss-Kahn – qui n’avait commis aucun délit lors de sa brève interpellation fin 2006 – intervient alors que réapparaissent, ces derniers jours, des rumeurs suggérant que l’ex-directeur du FMI aurait pu être victime d’un piège, voire d’un complot, mené par l’UMP afin de le “faire tomber” à New York dans une affaire de mœurs.

La sortie de M.Guéant lui a valu de vives critiques de l’opposition, dimanche. Sur Radio J, le député (PS) de l’Essonne Julien Dray a déclaré que les ministres de M.Sarkozy “ont tendance à considérer qu’une manière de régler les conflits politiques, c’est d’utiliser les officines, les ragots”.

L’ancien premier ministre Laurent Fabius a estimé, pour sa part, qu’un ministre de l’intérieur devait “s’occuper d’autre chose que des poubelles”“On vous pose une question : vous êtes au courant et vous dites pas la vérité? Claude Guéant le dit et il a entièrement raison”, a de son côté justifié le ministre du travail, Xavier Bertrand, sur France 3.

Marianne / Affaire DSK : la Sarkozye et le NYPD main dans la main ?

Frédéric Ploquin – Marianne | Jeudi 9 Juin 2011

La police de New York a fait montre d’un zèle certain dans le traitement de l’affaire DSK. Peut-on pour autant parler d’un excès de zèle ? Voire, comme le suggèrent certains strausskahniens, d’une enquête entièrement sous contrôle ?

Si l’on s’en tient aux faits, nombre d’agressions sexuelles commises dans les hôtels n’arrivent pas aux oreilles de la police, même à New York. Il s’en est ainsi fallu de peu qu’un homme d’affaires égyptien de 72 ans, qui n’avait probablement pas lu la presse, ne passe aux travers des mailles du filet quelques jours après DSK : le manager de l’hôtel, un établissement bien plus chic que celui où logeait l’ancien champion socialiste, le Pierre, a renvoyé chez elle la femme de ménage qui se plaignait d’agression sexuelle. Ce n’est que deux jours plus tard, alors qu’elle a rapporté les faits à un autre manager, que l’Egyptien a été arrêté et envoyé dans la prison où DSK a passé une nuit.Le « frenchy », lui, n’a pas eu de répit : il a été rattrapé à bord de l’avion d’Air France peu avant son décollage de l’aéroport JFK. Le fait que le personnel du Sofitel soit particulièrement syndiqué, fait rare aux Etats-Unis, n’y est pas étranger. Le profil du chef de la sécurité a aussi pesé dans la balance : ancien du FBI, il connaît les arcanes de la police et de la justice. C’est lui qui a transmis à la victime, Nafissatou Diallo, 32 ans, la carte de visite de l’avocat Jeff Shapiro.

Il était autour de 14 heures, ce samedi 14 mai. 20 heures à Paris. La police a été contacté par le biais du numéro d’urgence, le 911, et c’est le commissariat le plus proche qui est d’abord intervenu. C’est après que les choses se sont très rapidement emballées, donnant l’impression que l’on a voulu faire de cette histoire  (un membre du petit personnel agressé par un VIP) un cas d’école. Une sorte d’exemple, comme pour montrer que le rêve américain n’est pas seulement du vent vendu aux gogos. Parce que l’auteur présumé de cette agression sexuelle est français ? Parce qu’il est socialiste ? Parce qu’il n’appartient pas à l’élite blanche et protestante américaine ?

Les adeptes de la théorie du complot voient au delà. De quoi se nourrissent-ils ? Le responsable international de la sécurité de la chaine Sofitel est un ancien commissaire de police français, René-Georges Querry (qui ne parle pas un mot d’anglais). Un commissaire de police français est affecté en permanence auprès du NYPD, c’est d’ailleurs lui qui le premier récupère l’information et la transmets à son supérieur en France, Emile Perez, patron de la coopération policière, ancien secrétaire général du syndicat des commissaires et co-auteur de nombreux ouvrages avec Alain Bauer, le grand manitou de la sécurité en France, mais surtout le criminologue le plus écouté de l’Elysée. Emile Perez n’a pas attendu, cette nuit-là, pour réveiller ses deux supérieurs directs, le directeur général de la police et le directeur général de la gendarmerie.

« Des éléments concordants montrent que le gouvernement français a été informé en temps constant, affirme un responsable socialiste proche de DSK. Sarkozy a été prévenu dans la nuit et il s’est rendormi, ce qui n’est probablement pas le cas de Claude Guéant ». Il ne restait désormais qu’à démasquer le patron du NYPD pour boucler la boucle et suggérer que l’opération anti-DSK a été orchestrée entre Paris et Manhattan. Raymond Kelly, un Irlandais de 60 ans, est considéré comme un démocrate. Chef de la police de New-York en 1991, il en a été écarté par les Républicains, qui l’ont envoyé en mission en Haïti. Il est ensuite devenu sous-secrétaire d’Etat au Trésor, d’où il a supervisé les grandes agences d’enquête jusqu’en 2000, avant de prendre la direction des douanes. Bush élu, il fait un crochet par le monde des banques, jusqu’au jour où le maire de New York, Michael Bloomberg, vient le chercher pour le remettre à la tête du NYPD. « C’est un pragmatique, un vrai flic », dit de lui un commissaire français. Un flic que l’on voit souvent à Paris, et pas seulement pour assister à la remise d’une décoration à Alain Bauer par Nicolas Sarkozy. Il dispose d’un service de renseignement qui n’a rien à envier à la CIA, dirigé par un ancien numéro 2 de ce service, d’un sécurité publique et d’une PJ…

Un parcours et un profil qui ont de quoi alimenter la suspicion, mais du côté de la Place Beauvau, on maintient que le NYPD n’a jamais transmis le moindre rapport à la police française. « On distille ces soupçons pour discréditer la victime, affirme même un commissaire français, alors que la chose qui compte, c’est ce qui s’est passé ce jour-là entre 12 heures et 12 heures 28, dans la suite occupée par Dominique Strauss-Kahn ».

Les policiers français auraient donc été informés très rapidement du fait qu’une plaignante, « female, black, 32 », accusait DSK d’agression sexuelle. Les Américains auraient-ils pris le risque d’en transmettre davantage au risque de fragiliser une procédure délicate ? Pas sûr que la prospérité de l’amicale des chefs de la police montée par Raymond Kelly et ses amis français passe avant les règles de la police new-yorkaise. Ni que le chef de la « Special victims division », en charge des abus sexuel se soit prêté à une quelconque manipulation.
« DSK a été traité comme Madoff, ni plus ni moins, assure un avocat new-yorkais. C’est un signe envoyé au peuple à qui l’on veut faire croire que tout le monde est au même niveau, le petit personnel comme les VIP. DSK nourrit à ses dépens le rêve américain, dont nous savons tous qu’il n’est qu’une façade ».
« L’hypothèse d’un complot monté par les services de renseignement était plausible dans la première affaire, celle de l’employée hongroise du FMI, tranche un responsable de la direction centrale du renseignement intérieur (DCRI). Pour cette fois, c’est plus compliqué, sauf à imaginer que la jeune femme ait été recrutée par les services et téléguidée jusque dans la suite du Sofitel… » Une hypothèse dont ne manqueront pas de s’emparer les avocats de DSK, qui feront feu de tout bois jusqu’au jour d’un éventuel procès.

Libération / DSK : l’Etat français aggrave son cas

Libération 10/12/11

ANALYSE

En appelant le bureau du procureur de New York pour lui livrer des informations concernant l’affaire du Carlton de Lille, deux hauts fonctionnaires français ont trangressé la loi.

Par ERIC DECOUTY

C’est une affaire dans l’affaire. Le soupçon d’une intervention de l’Etat français dans le scandale du Sofitel. Les faits sont simples. Comme Libérationl’a révélé vendredi, deux hauts fonctionnaires du Quai d’Orsay et du ministère de la Justice ont alerté, le 15 mai, les services du procureur de New York sur la possible implication de Dominique Strauss-Kahn dans l’affaire du Carlton de Lille. Une démarche qui aurait eu une incidence directe sur l’incarcération de DSK, le lendemain, à la prison de Rikers Island.

Si les autorités françaises ont apporté vendredi un démenti vigoureux, les services du procureur de New York, n’ont nullement nié l’intervention de Paris, se contentant d’expliquer que «le dossier était protégé par le tribunal»américain (lire aussi page 4). Mais si cette affaire est susceptible d’éclairer d’une lumière crue certaines pratiques au plus niveau de l’Etat, elle n’est pas de nature à remettre en cause le fond du dossier du Sofitel.

L’intervention de deux ministères et les faits d’agression sexuelle reprochés à DSK contre Nafissatou Diallo constituent clairement deux chapitres distincts de l’histoire. L’intrusion de l’Etat dans la procédure américaine ne peut en aucun cas dédouaner l’ancien patron du FMI des accusations qui ont été portées contre lui. Elles ne peuvent également nourrir l’hypothèse d’un quelconque complot. En revanche, elles renforcent l’hypothèse de la surveillance étroite dont faisait l’objet le favori des sondages pour l’élection présidentielle. Et de la connaissance approfondie qu’avaient les services français de la vie privée de Dominique Strauss-Kahn.

Libération revient dans le détail sur les principales questions que posent les appels téléphoniques du dimanche 15 mai au bureau du procureur Cyrus Vance Jr.

QUI A TéLéPHONé LE 15 MAI ?

Selon nos informations, ce sont bien deux conseillers, l’un officiant au Quai d’Orsay et l’autre au ministère de la Justice, qui ont transmis des informations à John McConnell, l’adjoint du procureur Cyrus Vance Jr., le 15 mai, au lendemain de l’interpellation de Dominique Strauss-Kahn.

Ces appels seraient intervenus «dans l’après-midi» (heure new-yorkaise), après que les avocats de Dominique Strauss-Kahn eurent négocié un accord avec le bureau du procureur pour sa remise en liberté, contre le versement d’une caution (250 000 dollars ou plus, le chiffre n’était pas définitivement fixé). Cet accord avait été obtenu à 16 heures, avant que le procureur ne change d’avis à 20 heures.

Longuement interrogés à plusieurs reprises par Libération, les deux conseillers ont démenti avoir passé ces coups de téléphone, et parlent de«manipulations et d’informations inventées». Mais ils suggèrent également«qu’on a pu utiliser leur ligne de téléphone». Il reste néanmoins troublant que leurs noms apparaissent bel et bien dans le dossier Strauss-Kahn à New York.

QUELLES INFORMATIONS ONT éTé DONNéES ?

Lorsqu’il intervient devant la juge Melissa Jackson, le lundi 16 mai, pour s’opposer à la remise en liberté sous caution de DSK, John McConnell précise avoir obtenu «des informations supplémentaires [à propos de DSK] sur une base quotidienne concernant sa conduite et ses antécédents [«background»en anglais]». Il ajoute : «Certaines de ces informations comportent le fait qu’il a en réalité eu une conduite similaire à celle qui lui est reprochée par la plaignante à aumoins une autre occasion.» Tout le monde spécule alors sur le fait que le bureau du procureur a eu vent de l’affaire Tristane Banon. Mais, selon les sources contactées par Libération, les «informations supplémentaires» dont fait part John McConnell vont plus loin. Lors des deux appels passés depuis les ministères français, des références auraient ainsi été faites à l’éventuelle implication de Dominique Strauss-Kahn «dans une affaire de prostitution dans le Nord de la France». Une référence claire à l’affaire du Carlton de Lille. Un dossier qui est pourtant couvert par le secret de l’instruction.

QUE SAVAIT-ON DE L’AFFAIRE DU CARLTON LE 15 MAI ?

Publiquement strictement rien. Ce n’est qu’au mois d’octobre que l’affaire est apparue dans la presse avec la révélation d’un réseau de prostitution lié à l’hôtel Carlton de Lille. Dans la foulée, le nom de Dominique Strauss-Kahn a été cité comme ayant participé à des parties fines avec des chefs d’entreprises et des policiers. Le 15 mai, les deux hauts fonctionnaires qui auraient conversé avec le procureur Vance ne peuvent donc prétendre avoir entendu parler de l’affaire du Carlton dans la presse…

A cette date, les juges de Lille, Stéphanie Ausbart et Mathieu Vigneau, enquêtent depuis le 28 mars sur un dossier de «proxénétisme aggravé en bande organisée, association de malfaiteur et blanchiment». Tout est parti, un mois plus tôt, d’écoutes téléphoniques qui ont permis de mettre au jour un réseau de proxénétisme. Des cadres du Carlton et un proxénète résidant en Belgique sont vite dans le collimateur des enquêteurs mais, au 15 mai, aucune poursuite n’a été formellement engagée. Quant au nom de Dominique Strauss-Kahn, il apparaît littéralement dans la procédure, à travers de nouvelles écoutes, le 15 mai. Deux acteurs de l’affaire du Carlton commentent en effet ensemble l’épisode de la veille au Sofitel de New York.

En revanche, il est vraisemblable, que les policiers aient été de longue date au courant des relations de DSK avec certains milieux lillois. Bien avant que son nom n’apparaisse officiellement dans la procédure.

L’INTERVENTION EST-ELLE LéGALE ?

L’affaire du Carlton de Lille, comme toute information judiciaire est couverte par le secret de l’instruction. Au 15 mai, seuls les juges, le parquet et la police, ont connaissance de l’enquête. Aucune personne n’ayant été mise en examen, pas un seul avocat n’a pu avoir accès au dossier.

Toutefois, de façon parfaitement légale, le parquet de Lille a pu faire un rapport à sa hiérarchie, remonté à la chancellerie. De la même manière, comme dans tous les «dossiers signalés» (ce qui était le cas du Carlton), il est tout à fait plausible que les services de police aient rendu compte, dans le détail, de leurs investigations à la Direction générale de la police nationale (DGPN), place Beauvau.

Les cabinets des ministres de l’Intérieur et de la Justice pouvaient donc avoir connaissance de la procédure et de son «environnement», c’est-à-dire des développements à attendre de l’enquête.

Mais tous sont strictement soumis au secret de l’instruction avec interdiction de le violer sous peine de poursuites pénales… De surcroît, les échanges judiciaires entre Etats sont strictement soumis à des procédures d’entraide, très précises. S’il est avéré que des services de l’Etat ont parlé de l’affaire du Carlton à la justice américaine, le 15 mai, cette intrusion est donc totalement illégale.

LES QUESTIONS ENSUSPENS

Si Cyrus Vance Jr., le procureur de New York, confirme publiquement les coups de fil des deux ministères français, il renforcera le soupçon de la «surveillance» étroite dont faisait l’objet DSK par les services de renseignement. Le 28 avril, lors d’un déjeuner avec Libération, Strauss-Kahn disait redouter les mauvais coups et confiait avoir de fortes présomptions d’être surveillé. Au plus haut niveau et jusqu’à l’Elysée.